Les obstacles surmontés pour exercer le métier de peintre

        Il est impossible à l’époque d’Artemisia d’être une femme peintre. Comme nous le dit Alexandra Lapierre dans la présentation de l’exposition « Artemisia Gentileschi : Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre (1593-1654) » qui s’est tenue au Musée Maillol à Paris du 14 mars au 15 juillet 2012, les femmes n’avaient pas d’existence légale et ne pouvaient donc pas acheter leurs pinceaux, leurs couleurs ni signer de contrat. Comment Artemisa Gentileschi a t’elle  réussi à dépasser ces contraintes et être reconnue ? Quels événements ont marqués sa vie, influencés sa peinture et ont failli arrêter sa carrière ?

L’apprentissage

                La seule solution pour qu’une femme de l’époque puisse exercer le métier de peintre est de se marier à un homme qui fait la même chose. Mais Artemisia commence l’apprentissage bien plus tôt, dans l’atelier paternel.

La première femme à avoir gagné sa vie à la force de son pinceau 

               Avant elle, aucune femme peintre n’a jamais été légitime dans l’exercice de son métier. Les femmes peintres étaient réduites à des sujets très précis comme un bouquet de fleurs, quelques portraits ou des sujets de dévotion comme une Vierge.

L’affaire Artemisia

         D’où vient la violence que l’on retrouve dans la peinture d’Artemisia, alors que les femmes peintres de son époque étaient réduites à peindre des bouquets de fleurs ? Elle s’explique dans les drames qu’elle a vécu. Grâce aux dialogues qu’elle a rédigés, on peut suivre les épisodes romanesques et terribles de l’affaire qui a bouleversée sa vie. En 1611, elle est violée par l’ami de son père Agostino Tassi. Suite à ce déshonneur pour la femme, la norme est de se taire. A l’époque, ce n’est pas le viol qui gêne le plus mais la « défloraison » ( Stupro en italien) soit d’y avoir perdu sa virginité. A. Tassi ne tenant pas sa promesse de se marier avec elle -ce qui pourrait rétablir son honneur- elle décide de le trainer en justice. Cette affaire est dangereuse pour la réputation et la carrière d’Artemisia, qui veut à tout prix que la vérité éclate. Elle va être torturée. Agostino sera jugé coupable et ils ne se reverront plus. Artemisai se marie au peintre florentin Antonio di Vincenzo Stiattesi.

L’auto-portrait comme preuve d’existence

-Autoportrait en Allégorie de la Peinture, v.1630, huile sur toile, 96,5x73,7 cm, Londres, Palais de Kensigton
– Autoportrait en Allégorie de la Peinture, v.1630, huile sur toile, 96,5×73,7 cm, Londres, Palais de Kensigton

Illustration A : Artemisia Gentileschi, Self-Portrait as the Allegory of Painting, 1630, Oil on canvas, 96,5 x 73,7 cm, Royal Collection, Windsor, Disponible sur: http://www.wga.hu/support/viewer/z.html.

         Après son combat pour faire éclater la vérité, Artemisia Gentileschi continue sa carrière de peintre femme. Elle et son mari son envoyés à Florence avec des recommandations pour la cour des Mécisis. Chose très rare pour une femme, elle est reçue à l’Accademia del Disegno en 1616. La violence représentée nous empêche d’ignorer ses oeuvres mais l’auto-portrait est une autre stratégie d’Artemisia pour manifester son existence dans le monde de l’art de son époque. Dans un article publié en 1980 dans The Art Bulletin, Mary D. Garrard nous montre l’importance de l’auto-portrait peint par Artemisia Gentileschi ( Illustration A ) . En effet, cette-dernière se représente en train de peindre. Elle créé alors une oeuvre qui ne peut être faite par un homme : un auto-portrait de femme et une allégorie du peintre. Artemisia légitime son existence dans le métier, en affirmant son statut sur une toile et donc en laissant une trace de son existence. Elle reste aujourd’hui encore une source d’inspiration pour le combat contre les inégalités homme/femme. 

B.L

Sources électroniques :

D. GARRARD M., “Artemisia Gentileschi’s Self-Portrait as the Allegory of Painting in The Art Bulletin, [ligne] Vol. 62, No. 1 (Mar., 1980), pp.97-112, Disponible sur : http://www.jstor.org/stable/3049963  [Consulté le 10 février 2015].

STANIC M., « GENTILESCHI ARTEMISIA (1593-vers 1654) », Encyclopædia Universalis [en ligne], Disponible sur http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/artemisia-gentileschi [Consulté le 10 février 2015].

LAPIERRE A., Présentation de l’exposition « Artemisia Gentileschi : Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre (1593-1654) » qui s’est tenue au Musée Maillol à Paris du 14 mars 1012 au 15 juillet 2012 [en ligne], Disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=yDI-LILvNjw [Consulté le 10 février 2015].

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